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Les Merina désignent la population vivant dans la province d’Antananarivo. En provenance de Malaisie ou d’Indonésie, des petits groupes d’individus se sont peu à peu installés dans les vallées de l’Ikopa et de la Sisaony, au cœur de l’Ile, formant de nombreux villages fortifiés, avant de s’établir à Antananarivo sous le règne du roi ANDRIANJAKA. Ils occupent ainsi le nord des Hautes Terres (province d’Antananarivo) du pays, royaume que le roi RALAMBO (1575-1610) baptisa "ImerinaAmbaniandro" (le pays élevé sous le soleil). L’Imerina, gravitant autour d’Antananarivo, s’arrête au Nord par les villages de Merimandroso et de Mahitsy, à l’Est par le massif de l’Angavokely, à l’Ouest par celui du Bangolava et au Sud par la rivière de Mania, la limite de la région de Vakinankaratra.
Les Merina, "Ceux du pays élevé" ont une physionomie asiatique (indonésien) prononcée : une couleur de peau oscillant entre le brun foncé et le brun pâle ; une chevelure raide ou ondulée ; des yeux en amande, légèrement bridés, une corpulence fine et une petite taille … Depuis le roi RALAMBO, la civilisation merina demeure une ethnie hiérarchisée, elle est constituée de trois castes importantes : - Les "Andriana" (nobles) d’où proviennent tous les souverains de l’Imerina. - Les "Hova" (roturiers ou bourgeois) - Les "Andevo" (esclaves) ils se devaient de servir les souverains merina au même titre que les cerfs de la monarchie française. Une quatrième caste vient s’ajouter aux précédentes, les "Mainty", esclaves noirs déportés du continent africain à partir du XIXe siècle.
Hormis, cette tradition clanique, d’autres coutumes traditionnelles sont héritées de la culture indo-asiatique : - La circoncision est de rigueur chez les jeunes garçons. - Les traditions funéraires reposaient sur le culte des ancêtres et le "famadihana" (retournement des morts). Les caveaux mégalithiques collectifs étaient généralement placés sur les hauteurs. - Dans la religion traditionnelle, le "Zanahary" ou "Andriamanitra (le Créateur) avait une place capitale dans la vie quotidienne, suivit des ancêtres, puis des parents. Bien que cette structure hiérarchique reste profondément encrer dans les esprits de chacun, la totalité du peuple merina se dit chrétienne, avec une nette majorité protestante, depuis la conversion de la Reine RANAVALONA II en 1868. - Grâce à une grande maîtrise des techniques hydrauliques, l’alimentation est à base de riz, cultivé dans les rizières bien irriguées et aménagées en plaine ou en terrasse.
La tenue vestimentaire merina est composée d'une tunique, appelée "malabary" et d’une toge ("lamba") en soie ("landy"), dans lesquelles se drapaient homme et femme.
L’habitat est construit à base de terre battue pour la plupart des habitants de la région, alors que les demeures princières et royales étaient construites en bois, matière précieuse.
La population merina est la plus importante ethnie de l’Ile. Le peuple malgache est souvent assimilé à ce groupe. D’ailleurs, la langue merina (écrite en caractère latin depuis 1823) est à la base du "malgache officiel", parlée par tous les habitants (qui possèdent pourtant leur propre dialecte) de la Grande Ile.
Victime de cette généralisation, la population merina tend à disparaître, elle perd peu à peu ses valeurs, ses traditions, ses coutumes : par exemple, le mariage était uniquement endogamique ("lova tsy my findra", littéralement "l’héritage ne peut être déplacer", sous-entendu vers les castes différentes) alors qu'actuellement, elle est vouée à un métissage forcée.
Leurs origines enviées, leur fierté envers leurs ancêtres, leur force et leur puissance, leur histoire prestigieuse, font d’elle une cible idéale à abattre.
La jalousie (en particulier, envers les Andriana) conduit même certains individus à commettre un acte hautement criminel et misérable : en effet le 6 novembre 1995, le plus grand symbole de la monarchie merina (voire de Madagascar et la fierté de tout patriote malgache), le Palais de la Reine Manjakamiadana, fut brûlé ; les vestiges de quatre siècles d’histoire partirent en fumée.
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