Introduit sur le Grande Ile au cours du 1er millénaire de notre ère, le zébu est aujourd’hui un symbole malgache au même titre que le lémurien et le ravenala.
Reconnaissable à ses longues cornes, à sa bosse adipeuse et aux plis d’épiderme flasque formant un fanon sous sa gorge, il est synonyme de richesse et de puissance pour les éleveurs.
Le bœuf à bosse est également réputé pour sa résistance aux maladies qui déciment les autres bovins domestiqués.
Symbole de prestige, le zébu est aussi un animal sacré, qui joue un rôle dans toutes les cérémonies.
Ainsi à l’occasion d’une naissance, d’un décès, d’une circoncision ou d’une inauguration, le rituel s’accompagne du sacrifice d’un ou plusieurs zébus choisis d’après les couleurs de leur robe, selon une nomenclature fixée par la tradition et connue du divin. Posséder de grands troupeaux, c’est pouvoir disposer à tout moment des bêtes requises.
Dans le zébu, rien n’est de trop, tout est utile : sa chair délectable, le fumier, sa peau pour la maroquinerie, ses cornes en guise de trophée lors des compétitions sportifs et sa puissance tranquille pour tirer les charrettes.
Moyen de transport par excellence, sacrifice lors des grandes cérémonies ou ingrédient aux recettes malgaches dignes de ce nom, le zébu est omniprésent dans la vie quotidienne du malgache. Dès lors, le bœuf à bosse est un des piliers de l’économie insulaire et de l’ordre social à Madagascar.
A partir du règne du roi Ralambo, le zébu a acquis l’appellation de « omby » et les malgaches ont commencé à l’apprécier pour sa chair délicieuse et succulente.
Pour anecdote, l’histoire rapporte que lors d’un déplacement à Ambohitrabiby, le roi Ralambo fit goûter par ses esclaves la viande d’un zébu sur le point de périr.
Convaincu par son potentiel, il ordonna de rassembler les autres bêtes dans un enclot.
Une fois cette tâche accomplie, ses serviteurs s’exclamèrent « omby e, omby e ! » (Tout rentre, tout rentre !).
Ainsi, le nom « omby » fut adopté pour désigner les zébus. Les vestiges de ce célèbre enclot s’élève toujours dans la commune d’Ambohitrabiby.
Ce ne fut qu’à partir de cet instant que les habitants des Hautes Terres se restaurèrent avec la viande de l’animal.
Le vodi-hena (l'arrière-train), considéré comme un des meilleurs morceaux (avec la bosse) est destiné au roi. Dès lors, on réserve cette partie aux parents et aux aînés.
Les rois de jadis, propriétaires de toutes bêtes « sauvages » prirent comme symbole de la royauté, le zébu, en signe de suprématie et de prospérité.
Un paysan pieds nus ou en sandales, quelques zébus et son attelage, voilà l’image typique de la Grande Ile.
Qu’il pleuve ou qu’il vente, croiser cette joyeuse compagnie sera inévitable à tous les voyageurs soucieux de découvrir le pays.